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Jean Portante: Pour en finir avec Ulysse ou la réinvention d'Enée
Conférence


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jeu. 16.12   [ 19:00 ]  
     Salle Edmond Dune


Billetterie :
Entrée libre, dans la limite des places disponibles Réservation obligatoire: billetterie@neimenster.lu

Info : En français Événement « COVID-Check »

FR: À la vue des migrants qui se noient dans la Méditerranée par centaines et par milliers, on ne peut pas dire que comme Ulysse « ils ont fait un long voyage ». Ulysse est plutôt du côté de ceux qui les ont forcés à fuir. Rappelons-nous : voilà un général d'Ithaque qui s'en va assiéger puis mettre à feu et à sang une ville, Troie. Le sale boulot fait, comme tout soldat, il n'a qu'un seul désir : rentrer chez lui, retrouver son épouse, Pénélope, et son fils, Télémaque. La littérature a appelé cela une odyssée. Et a fait d'Ulysse le symbole de l'exil. Or Ulysse n'a rien d'un exilé.

Il y a, par contre, dans la Troie qui flambe et pleure ses morts, des fugitifs, qui n'ont d'autre choix que de périr ou de quitter leur ville détruite. Le plus connu par eux est Enée. Regardez les représentations qu'on a fait de lui dans la peinture : on le voit portant son père Anchise sur ses épaules, et tenant son fils, Ascagne, par la main, alors que sa femme, Créüse, disparaît dans la fuite. Ce sont des images que nous voyons à la télé aujourd'hui, les colonnes de réfugiés. Le voilà qui se rue sur une embarcation de fortune pour prendre la mer. Comme de nos jours les migrants. Plusieurs fois il fera naufrage, avant d'atteindre les côtes de l'Italie. Aucun des migrants d'aujourd'hui ne dit qu'il ressemble à Ulysse. Ulysse est du côté des vainqueurs. Et eux sont, comme Enée, des vaincus. Leur traversée n'est pas une odyssée. C'est une énéide. Et si nous relisions sous cet angle les ouvres d'Homère à Virgile ?

Jean Portante est né en 1950 à Differdange (Luxembourg), de parents italiens. Il vit à Paris. Il est écrivain, essayiste, traducteur et journaliste. Son ouvre, riche d'une quarantaine de livres - poésie, romans, essais, pièces de théâtre - est largement traduite.

En France, il est membre de l'Académie Mallarmé. En 2003, il a reçu le Grand Prix d'automne de la Société des gens de lettres pour l'ensemble de son ouvre, ainsi que le Prix Mallarmé pour son livre « L'étrange langue ». Dix ans plus tôt, son roman « Mrs Haroy ou la mémoire de la baleine » lui avait valu le Prix Servais au Luxembourg. Prix qui lui a été attribué une deuxième fois, en 2016, pour son roman « L'architecture des temps instables ». En 2011, il a été couronné du Prix national Batty Weber au Luxembourg, pour l'ensemble de son ouvre. Bien d'autres prix littéraires lui ont été attribués, et parmi eux le Prix Alain Bosquet pour sa traduction de « L'amant mondial » de Juan Gelman en 2013, ou, notamment, le Prix international de la Francophonie Benjamin Fondane, ainsi que le Prix européen Pétrarque. Son dernier roman, « Leonardo », est paru en 2019.

Organisation : Institut Pierre Werner / Soutien : neimënster




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Lucien Wercollier
Exposition permanente